Racine de la résilience
Jul 31, 2026
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J'ai vu des mariages précoces présentés comme des solutions à la pauvreté. J'ai vu des filles retirées de l'école pour « protéger l'honneur » de la famille. J'ai vu des femmes subir en silence, parce que parler coûtait plus cher que se taire. Et j'ai compris qu'attendre que les choses changent d'elles-mêmes n'était plus une option pour moi.
C'est ainsi qu'est née MIRAFE — le Mouvement pour l'Insertion, la Résilience et l'Autonomie des Filles et Femmes de l'Extrême-Nord. Officiellement enregistrée cette année à Maroua, notre association s'est fixé une mission claire : prévenir et combattre les violences basées sur le genre, maintenir les filles à l'école, et donner aux femmes les moyens de leur autonomie économique.
Nous avons commencé petit, comme toutes les initiatives portées par des convictions plutôt que par des budgets. Notre première sensibilisation de terrain a eu lieu à Djoulgouf. Rien n'a été laissé au hasard : une lettre d'autorisation adressée au Sous-Préfet de l'arrondissement de Maroua III, un budget pensé jusqu'au moindre détail — transport, supports de sensibilisation, rafraîchissements, un geste protocolaire pour les autorités locales présentes. Ce jour-là, nous nous sommes assises avec les chefs de quartier, avec les mères, avec les jeunes filles, pour parler ouvertement de ce qui, d'habitude, reste tu. Ce n'était qu'un après-midi dans un seul quartier. Mais c'était un début, et chaque début compte : chaque rencontre avec les autorités locales, chaque causerie communautaire, est une brique de plus dans un mur que nous construisons contre l'impunité et le silence.
Ce combat n'est pas seulement institutionnel pour moi. Il est personnel. Chaque fois qu'une fille reste à l'école une année de plus, chaque fois qu'une femme trouve les mots pour dire « cela ne devrait pas m'arriver », je sais que MIRAFE avance dans la bonne direction.
Le chemin est encore long. Nous manquons de moyens, nous apprenons en marchant, nous nous heurtons parfois à des résistances, y compris culturelles. Mais je crois profondément que les violences basées sur le genre ne sont pas une fatalité — elles sont un système, et les systèmes peuvent être démantelés, un quartier à la fois.
Si mon histoire résonne avec la vôtre, où que vous soyez dans le monde, sachez que chaque geste compte : une conversation, un partage, un soutien. Le silence a longtemps protégé la violence. À Maroua, nous avons choisi de parler.
— Florence, Présidente de MIRAFE
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